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Lire la range de son adversaire
Ce qu'il ouvre, ce qu'il garde quand il mise, street par street, jusqu'à retourner sa main. La méthode de l'exercice « Lire sa range », avec les tables de l'application.
Une range, pas une main
On ne devine jamais les deux cartes d'un adversaire. On dresse la liste de tout ce qu'il peut avoir compte tenu de ce qu'il a fait, puis on la réduit à chaque action. C'est ce qu'on appelle lire une range. Une bonne lecture ne trouve pas la main : elle ne l'exclut pas.
Étape 1 : ce qu'il ouvre, selon sa position
Avant le flop, la position dit presque tout. Un joueur qui ouvre premier à parler a une range serrée ; au bouton, presque une main sur deux. Les tables ci-dessous sont celles de l'application, à 100 BB, exprimées par famille de mains : pour chaque famille, la main la plus faible qu'il ouvre.
| Position | Taille de la range | Frontière par famille |
|---|---|---|
| UTG | 41 mains, 238 combos (17,9 %) | Paires 22+ · As assortis A2s+ · As dépareillés ATo+ · Rois assortis K9s+ · Rois dépareillés KJo+ · Connecteurs assortis 87s+ |
| Middle Position | 46 mains, 266 combos (20,1 %) | Paires 22+ · As assortis A2s+ · As dépareillés ATo+ · Rois assortis K8s+ · Rois dépareillés KJo+ · Connecteurs assortis 76s+ |
| Cut-Off | 61 mains, 366 combos (27,6 %) | Paires 22+ · As assortis A2s+ · As dépareillés A8o+ · Rois assortis K5s+ · Rois dépareillés KTo+ · Connecteurs assortis 65s+ |
| Bouton | 97 mains, 638 combos (48,1 %) | Paires 22+ · As assortis A2s+ · As dépareillés A2o+ · Rois assortis K2s+ · Rois dépareillés K7o+ · Connecteurs assortis 54s+ |
Sur 1 326 combinaisons possibles, un UTG n'en ouvre qu'une sur cinq environ, un bouton une sur deux. Tes propres cartes en retirent déjà quelques-unes : si tu tiens un as, il lui reste trois as au lieu de quatre.
Étape 2 : ce qu'il garde en misant
Après le flop, chaque combinaison de sa range prend une valeur sur le board. On les classe en sept catégories, de la plus forte à la plus faible :
- Deux paires ou mieux
- Paire max ou overpair
- Paire moyenne
- Petite paire
- Tirage (couleur ou quinte)
- Tirage raté
- Rien (deux cartes hautes ou air)
Quand il mise, il ne le fait pas avec tout. Ce qu'il garde dépend de son profil. Bluffy Coach annonce le modèle de l'adversaire avant que tu répondes, parce que sans cette information la question n'a pas de réponse :
Reg serré (NIT)
Il ne mise qu’avec une paire max ou mieux. Jamais de bluff, jamais de tirage misé.
Reg standard (REG)
Au flop il mise ses paires max, ses tirages et ses mains sans rien (c-bet large). Au turn il abandonne l’air. À la river il mise la valeur et bluffe avec ses tirages ratés.
Agressif (LAG)
Il mise presque tout : paires max, paires moyennes, tirages et air. Seules les petites paires checkent. À la river il bluffe aussi avec l’air.
Joueur loisir (FISH)
Il mise dès qu’il a une paire, n’importe laquelle, et ses tirages. Jamais de bluff sans rien.
Étape 3 : on retourne sa main
Dans l'exercice « Lire sa range », la main de l'adversaire est tirée dans ce qu'il lui reste à la river et retournée. Si elle est dans ta lecture, c'est gagné, même si tu n'aurais pas parié sur elle. Si tu l'avais exclue, la lecture est comptée fausse, quelle que soit la qualité du reste. C'est la règle du jeu réel : une range qui exclut la main qu'il avait ne t'aurait servi à rien.
Trois réflexes à emporter
La position d'abord. Avant de regarder le board, demande-toi d'où il a ouvert. Tes cartes comptent. Chaque carte que tu vois est une carte qu'il n'a pas : recompte. Le profil change tout. Le même bet au turn veut dire « paire max ou mieux » chez un joueur serré et « à peu près n'importe quoi » chez un agressif.
Savoir les ranges ne suffit pas.
Un tableau se lit en une minute et s'oublie en une semaine. Bluffy Coach te fait prendre de vraies décisions, retient celles que tu rates plusieurs fois, et te les remet devant les yeux jusqu'à ce que ça tienne. Six mains suffisent pour un premier profil.